Six sociétés étrangères de paris sportifs – notamment sur les matchs de foot – se mettent sur les rangs, prêtes à investir au Vietnam : S-Pool (Singapour), Ladbrokes (Royaume-Uni), Bet & Win (Italie), Intralog (Grèce), SMS et Gtech (États-Unis).
Dès que ce mode de pari sera légalisé par le gouvernement.
Et le Viêt-Nam aurait fort besoin d’une expertise étrangère afin de bien gérer les paris, selon les premières notes de synthèse en marge d’une conférence sur le sujet tenue à Hô-Chi-Minh Ville le 22 mars 2007, en présence de la FIFA-Asie, de l’AFF (Fédération de football d’Asie du Sud-Est) et de la VFF (Fédération vietnamienne de football).
Ce projet de loto sportif, conduit par le ministère des Finances et le Comité national de l’éducation physique et des sports, fait l’objet actuellement de débats passionnés, aussi bien au sein de la population que du gouvernement. Entre les pragmatistes et les “moralistes”.
Pour les premiers, ce loto “pourrait apporter d’importantes rentrées budgétaires, tout en répondant aux besoins de la population. Il apportera également de grosses sources de capitaux pour le développement du sport et contribuera activement à limiter les jeux d’argent illégaux !” A vrai dire, les paris sportifs illégaux ici existent depuis toujours. Ils brassent des sommes énormes, en font (et défont) des millionnaires en Dông en une seule journée. Les joueurs parient sur les matchs nationaux mais aussi tous les matchs déroulés dans le monde, de Paris à Djakarta en passant par les îles Tonga. Il y a trois mois, trois meilleurs footballeurs vietnamiens se sont retrouvés en prison pour avoir truqué la rencontre amicale Viêt-Nam – Singapour, sur laquelle des gros paris ont été mis.
Selon la société d’audit Deloittes-Vietnam, “les pertes annuelles du pays dans les réseaux de paris illicites, dans le pays et à l’étranger, pourraient s’élever à un milliard de dollars.”
Les “moralistes” s’interrogent sur les effets négatifs de ce projet sur la jeunesse. Une société qui s’enrichit grâce aux paris ? Où sont les valeurs du travail ? Sans compter le recyclage de l’argent sale. Comme partout ailleurs, les – gros – billets gagnants de la loterie nationale (avec les numéros) s’échangent aujourd’hui à 50% de plus de leur valeur nominale.
“C’est un fait que les jeux d’argent sont un besoin pour un certain nombre d’habitants. Mais pour que ce modèle donne des résultats efficaces et positifs, il faudra mettre sur pied un appareil adéquat dans les réglementations, les méthodes d’organisation et de gestion”, a insisté Lê Hùng Dung, membre de la VFF.
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